Résilients face à la crise

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Nous allons tous avoir besoin d’être résilients pour nous rendre jusqu’au 4 mai et faire face aux nombreux défis qui viendront après. Qu’est-ce que ça veut dire la résilience? Selon moi, c’est notre capacité à rebondir dans la vie face à l’adversité. C’est notre capacité d’avoir la foi et de croire que « ça va bien aller ». Selon les études, certains peuvent avoir une prédisposition innée à la résilience en raison de leur production élevée de dopamine et de sérotonine en bas âge. Pour d’autres, la capacité d’être résilient dépend du conditionnement familial. Ceux qui ont été élevés dans l’amour et qui ont vécu dans un climat familial sécurisant, encourageant et soutenant seront portés à être résilients.

Mon expérience me laisse penser qu’on peut acquérir la résilience, mais nous devons l’acquérir de façon à ce qu’elle nous habite, à ce que nous ne formions qu’un avec elle, comme si nous avions foi en elle. Avoir foi en l’idée que « ça va bien aller », ce n’est pas uniquement une question de religion! Si je parle de foi, c’est que cela va au-delà des croyances. La foi, c’est rarement rationnel. On croit en quelque chose et on fonce! Et c’est de cette foi, qui ne juge pas et qui n’a pas peur, que devraient être nourris nos choix et nos actions. La foi, c’est une confiance spirituelle. Il est bien connu que la foi religieuse s’accompagne de rituels, de célé­brations, de prières. C’est à partir de ce processus que cette foi sera bien ancrée dans notre conscience.

La vie étant ce qu’elle est, il est possible que notre foi, comme la flamme d’une chandelle, vacille. Elle pourrait même s’éteindre. Perdre la foi et laisser son esprit rationnel et ses peurs prendre le dessus, c’est arrêter de croire que « ça va bien aller », se mettre à penser qu’on n’arrivera pas à surmonter la situation. Il y a un danger à penser que nous ne passerons pas à travers, car nous avons souvent la capacité de manifester nos pensées. Afin de nous assurer que notre foi demeure toujours bien vivante, il faut la nourrir, lui donner sa place. Et c’est à travers les rituels, entre autres, qu’on y parvient.

Le 4 mai, c’est comme une destination, un endroit où on veut aller. Et pour s’y rendre, on a besoin d’une carte, qui est notre intention dirigée vers le fait que « ça va bien aller », mais aussi d’une boussole, le rituel. Le rituel permettra de garder le cap, de s’assurer qu’on va toujours dans la bonne direction.

Pour ne pas douter, juger, nous critiquer, nous priver des forces qui nous guident vers notre intention ultime et perdre notre pouvoir, nous devons avoir un rituel au quotidien. Ce moment avec soi solidifie nos pensées et nos nouvelles croyances et renforce notre foi dans l’achèvement de cette mission. Il est donc essentiel de nous répéter notre intention, d’avoir une destination et de faire des gestes concrets et simples en fonction de celle-ci, d’être dans l’action, résilient, avec une confiance absolue. À force de le répéter, ça devient ancré en nous. Les athlètes et plusieurs autres professionnels ont eux aussi toutes sortes de rituels pour ne pas douter.

J’ai eu à faire face à des défis de taille à plusieurs reprises et je pense avoir démontré ma capacité à être résilient. Je vous propose mon propre rituel qui comprend cinq composantes. Vous pou­vez vous en inspirer en choisissant une des composantes ou plusieurs afin de garder bien vivante votre résilience.

1. Bien m’occuper de mon corps

Notre corps est le véhicule grâce auquel nous pouvons rem­plir notre mission. De plus, il envoie des messages à notre esprit, et l’inverse est aussi vrai. S’occuper de son corps est une forme d’amour-propre dont nous avons tous grandement besoin. Il est donc impératif pour moi de l’activer. Comment pou­vez-vous penser avoir un esprit résilient, frais, vif, curieux, dénué de jugement et qui se laisse surprendre par la vie si votre corps est endormi ou moribond? Je m’occupe donc de mon corps de plusieurs façons.

  1. Posture : Observez bien une personne triste et mal dans sa peau. Elle est probablement voûtée, regarde le sol, prend un air découragé, tripote ses doigts ou a des tics de ce genre. Visua­lisez quelqu’un qui est résilient et qui se réalise même dans cette crise, et vous verrez certainement une personne qui se tient bien droite avec fierté, légèreté et souplesse. Nous envoyons un message à notre cerveau selon la posture que nous adoptons.
  2. Activités physiques: La pratique du yoga fait partie de mon quoti­dien, que ce soit pendant 5 ou 90 minutes, peu importe. Si vous n’aimez pas le yoga, vous pouvez courir, marcher, soulever des poids, faire du vélo ou de la mise en forme. Il y a une multitude d’activités en ligne.
  3. Respiration: Il existe plusieurs techniques de respiration, telles que le pranayama ou la cohérence cardiaque, pour calmer son esprit et ne pas se vider de sérotonine.
  4. Alimentation : Je ne suis pas un de ces gou­rous catégoriques qui palabrent sur la valeur des aliments, pas plus qu’un diététicien aux régimes prétendument mira­culeux. Ce que je consomme est bon pour moi et je vous invite à trouver consciemment ce qui fonctionne pour vous. Personnelle­ment, je commence mes jours de semaine avec un jus vert, qui comprend une dizaine de fruits et légumes. Ce jus fait partie de mes deux premiers repas du lundi au vendredi. Pour le souper, je prends un repas normal avec une bonne salade verte en guise de dessert. Je mange de tout avec modé­ration. Comme la variété est aussi une priorité pour moi, le samedi et le dimanche, je me permets de dévier un peu.
  5. Sommeil : Si je veux permettre à mon corps de récupérer et à mes cellules de se reproduire, je dois évidemment dormir. Le sommeil est essentiel pour garder son esprit vivant, disci­pliné et résilient. Je m’assure de manger tôt et légèrement. Je ne regarde jamais d’écran au lit et je tente de régler mes problèmes avant d’aller me coucher. Si des choses me préoccupent, je prends des notes pour les régler le lendemain. Des pro­blèmes potentiels sont toujours prêts à surgir pour troubler notre sommeil.

2. Bien m’occuper de mon cœur d’amour

Pour pouvoir être résilient, croire que « ça va bien aller » et ne pas se vider de ses forces, mais rester en abondance, il est essentiel d’être près de son cœur et des émotions qui s’y rattachent. Je fais le choix de vivre dans la gratitude de ce que j’ai. La vie est une illusion. C’est certain que je pourrais décider de vivre dans mes peurs, dans ce qui pourrait aller mal et dans ce qui me manque, dans ce qui n’est pas dans mon modèle, mais je choisis au quotidien d’apprécier la richesse de ce que la vie me donne même en ces moments difficiles. Je choisis aussi de me rappeler que je mérite d’être aimé pour qui je suis, même si je perds tout dans cette crise.

Je m’installe debout, les pieds légèrement écartés, les deux mains sur mon cœur, et je décide de voir combien je suis riche. Je me sécurise ainsi et décide de visualiser tout l’amour que j’ai à donner à tous ceux qui sont dans ma vie de près ou de loin. Vivre dans la gratitude et avec la conviction que nous méritons d’être aimés est assurément un des plus beaux cadeaux que l’on puisse se faire au quotidien.

3. Bien m’occuper de mon esprit

Plusieurs études démontrent que nous avons la capacité de changer la structure de notre cerveau avec une pratique de pleine conscience. Ce changement est utile notamment pour l’introspection, c’est-à-dire pour nous voir au-delà des rôles et de l’illusion afin de nous reconnecter avec la réalité. L’augmentation de la matière grise favorise aussi certaines émotions, comme la compassion, la grati­tude, l’empathie et la bienveillance, et ce, même quand les conditions sont difficiles comme elles le sont en ce moment. Lorsque nous éprouvons des émotions près du cœur, nous sécrétons de la sérotonine, qui est un antidépresseur naturel essentiel à la résilience. C’est ce qui nous permet de voir notre vie dans sa totalité, sans la juger, avec curiosité et souplesse.

  1. Pratique de pleine conscience : Comme il est important de cultiver des émotions près de notre cœur, une pratique de pleine conscience est l’outil parfait pour trouver la résilience et sortir de mon esprit qui a peur, qui juge, qui doute, qui compare, qui culpabilise, pour me retrouver plutôt dans la gratitude et dans la bienveillance. Ces émotions près du cœur sont des outils essentiels pour s’assurer que « ça va bien aller ».

    Il existe toutes sortes de méthodes pour nous libérer de notre esprit rationnel qui cherche à nous diriger dans la peur et les problèmes dès le réveil. Il y a évidemment la méditation, le yoga et la respiration consciente. On peut aussi regarder dehors le soleil, les nuages ou la pluie sans jugement. Ou encore, pré­parer son thé, son café et son déjeuner, se blottir contre son conjoint, marcher pour se rendre au bureau. Peu importe la méthode, tant et aussi longtemps que c’est tout ce qui se passe dans votre tête et que cela n’a pas un caractère de com­pétition ni ne crée de dépendance, mais vous donne de l’énergie.

  2. Choisir ses pensées: Après m’être libéré de mon esprit rationnel et avoir cultivé des émotions près du cœur, je dois choisir des pensées pour ali­menter mon esprit et ainsi des émotions qui en découlent. Pour ce faire, je me répète plusieurs fois par jour des croyances responsabilisantes, des affirmations et des pensées positives telles que : « Ma vie m’a parfaitement préparé pour ce moment », « J’ai tellement à offrir à ceux qui sont dans le besoin », « Ça va bien aller », « Ça va être intéressant », « Je vais apprendre de ça », etc. Quand nous choisissons d’entraîner notre esprit et notre âme, lorsque nous ferons face à des difficultés — et nous savons tous que la vie en est remplie en cette période difficile —, au lieu de nous affaisser, c’est une pen­sée positive et responsabilisante soulignant que nous sommes la personne la mieux outillée pour affronter une telle situation qui surgira. Cela devient notre modus operandi et c’est ce qui nous permet de croire que ça va bien aller avec résilience.

4. Focaliser sur le sujet d’attention et en changer la définition

Évidemment, il est facile de voir cette crise comme une tragédie puisque c’en est une. Souvent, nous allons interpréter cette tragédie par rapport à nous, comme si nous étions une victime de la situation, et ainsi nous déresponsabiliser. J’ai le pouvoir de choisir de voir ce que je regarde, de définir la vie comme une occasion à saisir et non comme un problème à résoudre. Si je décide de voir ce qui me manque, mes peurs, mes besoins réels ou fictifs ou uniquement ce que je veux voir pour combler mon besoin de sécurité et de reconnaissance, cette mission sera impossible. Maintenant que je trouve un équi­libre entre mon cœur et ma tête, riche de mes croyances responsabilisantes, de mes affirmations et de mes pensées positives, je décide de voir les besoins au-delà des miens et je focalise mon attention sur ma contribution en ayant pour objectif de combler ces besoins. La vie m’a parfaitement préparé pour accompagner les gens en cette période difficile, je choisis donc de voir cette période, bien que mes studios soient fermés et que mes conférences soient annulées, comme une occasion de donner. Je me responsabilise sans me victimiser dans la situation. Je suis par contre privilégié d’être diversifié et d’avoir une belle clientèle de coaching.  Le choix de me voir responsable et outillé au lieu d’une victime change mes émotions. Cela me rend résilient et persuadé que « ça va bien aller ».

5. Choisir d’agir au quotidien

La qualité de notre vie dépend de la qualité de nos actions, de notre intention et de notre équilibre émo­tionnel. Je garde l’œil ouvert sur le 4 mai, sur ma croyance que « ça va bien aller », mais je reste concentré sur mes gestes et mes actions à court terme. Ensuite, je m’assure que tous mes gestes me rapprochent de cette mis­sion. Bien des gens vont invoquer toutes sortes d’excuses pour se justifier et se déculpabiliser de ne pas y parvenir.

Je leur demande tout le temps ce qu’ils peuvent faire aujourd’hui pour se rapprocher de leur objectif et de l’idée que « ça va bien aller ». Cela peut être d’envoyer un courriel; de faire une lecture; de lancer un appel téléphonique; de s’inscrire à un cours; de demander de l’aide à un ami ou de parler à des clients, à des fournisseurs ou à des investisseurs. Chacun peut aujourd’hui faire un pas en avant. De mon côté, pour être conséquent avec moi-même, j’ai franchi ce pas. J’ai écrit ce texte, j’en ai écrit plusieurs autres, je fais des webinaires, je communique avec mes clients, j’ai donné plus de pouvoir à deux associées au studio. Je fais de la recherche, je lis, j’écoute des balados.

C’est ce rituel qui m’a donné la résilience nécessaire pour sortir de mes deux crises précédentes, soit celles de 2000-2001 et de 2008. C’est maintenant à vous de vous entraîner et de développer votre foi en vous, votre force et votre courage afin de bien vous rendre au 4 mai et d’être équipé pour faire face aux défis qui viendront, et qui seront, en fait, des occasions de contribuer. « Ça va bien aller! »