Une leçon de papa Croods pour débuter 2018

Pendant très longtemps, j’ai pensé que je ne devais pas avoir peur. À l’époque où je travaillais en finance, avoir peur était perçu comme un signe de faiblesse. Pour éviter toute tentation de jongler avec ce sentiment, je m’étais donné  le surnom et mis dans la peau d’un «  commandant ». Ainsi, pour éviter la peur, j’étais toujours prêt à faire face aux imprévus et aux pires situations. Dans mon livre qui s’intitule «  Le courage de réussir », j’ai écrit qu’après avoir trouvé le courage d’accepter ce sur quoi nous n’avons aucun contrôle, nous arrêtons d’avoir peur.

Je partage encore ces deux visions sur la peur qui coexistent et se manifestent à différents moments dans nos vies.  Être bien préparé nous permet de prendre action sans être paralysé par la peur tandis que  trouver le courage dans son cœur d’accepter que la vie soit différente de notre modèle, nous permet également d’arrêter d’avoir peur.

J’ai toutefois récemment réalisé que dans un cas comme dans l’autre, je minimise la peur et le pourquoi de ce sentiment qui est pourtant essentiel.

En travaillant sur moi-même et sur mon prochain livre, j’ai développé une troisième vision de la peur.  Je pense maintenant qu’elle ne devrait pas être ignorée puisqu’il s’agit en réalité d’un cadeau que la vie nous offre.

En ce début d’année propice à la rétrospection, nous faisons le point sur ce qui s’est passé au cours de la dernière année. Nous en profitons pour établir des objectifs clairs et précis afin de bien se préparer pour celle qui s’en vient.  Pendant les fêtes, j’ai voulu faire cet exercice, mais  je me suis retrouvé paralysé, habité par une peur et une crainte constante.

Quand la peur nous habite, nous réagissons et interprétons souvent de façons erronées les différents aléas de la vie humaine. Cet état d’esprit m’a amené à réfléchir et à réaliser que j’ai souvent été habité par cette même peur. À l’époque, j’en étais inconscient puisque je décidais de ne pas l’accueillir. Aujourd’hui, j’ai cherché à  comprendre pourquoi elle m’habitait. J’ai fait beaucoup d’introspection et de méditation. J’ai finalement eu la réponse en regardant avec mon fils de trois ans le film les Croods.

Dans ce film qui raconte l’histoire d’une famille préhistorique, le père est habité par son mode par défaut. Il vit dans la polarité entre la survie et la mort.  Il a peur de tout ce qui est nouveau. Il voit l’inconnu comme un danger à son existence et surtout à celle de sa famille. L’instinct protecteur de notre propre vie et de celle de nos enfants est fort et bien ancré en nous. Je vais être père en 2018 pour une 6e fois et c’est une bénédiction de la vie.  Je comprends toutefois que la venue prochaine de notre petite Axelle me rend aussi un peu comme papa Croods.

Je suis réaliste. J’aurai 53 ans lors de la naissance de ma fille. J’aurai alors deux enfants en bas âge et peut-être un troisième peu après. Je souhaite pouvoir subvenir à leurs besoins comme j’ai été en mesure de le faire pour mes 4 filles.

Tout comme  papa Croods, la peur se manifeste de manière physiologique.  Le cœur nous débat, on devient rouge, prêt à se sauver comme plusieurs le font ou prêt à relever les défis. Nous avons le choix d’utiliser cette peur qui nous rend humains et qui nous rapproche de notre cœur, pour y puiser le courage de voir le plaisir se réaliser, d’aller vers l’inconnu et de faire confiance.

Je choisis de voir le plaisir dans la peur, celui d’accomplir une tâche importante sinon la plus importante d’être père à nouveau. Pour accomplir cette tâche, je dois faire des choix et ce, tant au niveau physiologique, énergétique, spirituelle que professionnel. En effet, je dois continuer à entretenir mon corps afin qu’il puisse me soutenir encore bien longtemps. J’ai déjà de très bonnes habitudes de vie ainsi qu’une saine alimentation. En 2018, afin de faire une différence encore plus grande, j’ai décidé par plaisir de couper entièrement l’alcool pour tout le mois de janvier. Déjà après quelques jours seulement, je sens mon énergie tellement différente.

Je dois aussi adapter mon activité physique à ce corps que j’ai longtemps tenu pour acquis. Dans le passé, j’en ai abusé en faisant plusieurs Ironman et autres activités qui aujourd’hui encore se font ressentir. Au sujet de ma pratique spirituelle, bien qu’elle soit assez développée, je souhaite y apporter quelques changements pour m’assurer de rester en équilibre entre ma tête et mon cœur.  Ça sert  à quoi de vivre longtemps si on n’est pas présent ?

Finalement, je souhaite apporter quelques changements à ma carrière pour continuer d’avancer  professionnellement. Si je décide de me surpasser et d’aller plus loin, c’est par plaisir de donner et d’offrir et non par peur pour me sécuriser. Au contraire, ce qui me sécurise c’est d’être conscient de ce que j’ai déjà accompli et de ce que j’ai à offrir. Le hasard fait souvent bien les choses. Le 31 décembre dernier, alors que j’étais habité par la peur et  inquiet sans trop comprendre et savoir pourquoi, j’ai reçu deux appels pour me souhaiter la bonne année, un de mes meilleurs amis et l’autre de mon parrain. Les deux m’ont appelé pour me dire sensiblement la même chose : «  Érik, je te souhaite une belle année 2018. J’espère que tu réalises à quel point tu es chanceux d’avoir accompli autant de belles réalisations en 2017 ».

En 2017, je me suis marié, ma femme est devenue enceinte, j’ai ouvert un deuxième studio, j’ai publié mon premier livre, j’ai écrit mon deuxième, j’ai donné plusieurs conférences et j’ai  aidé plusieurs personnes en coaching. J’ai la profonde conviction que je contribue au-delà de moi à faire du bien. J’ai reçu tellement de messages qui témoignent de l’impact que j’ai sur la vie de plusieurs personnes. Je me sens privilégié d’offrir ce que j’ai à donner, et cela à partir de mon essence, de qui je suis vraiment. Je vais donc continuer de saisir les opportunités pour ouvrir d’autres studios de yoga Wanderlust, je vais aussi continuer d’améliorer le message du «  Yogi de Wall Street »  à travers mes conférences, livre ou coaching pour continuer de contribuer à faire le bien autour de moi.

À la fin du film des Croods, alors que le papa a peur car la terre se sépare, il trouve dans son cœur la force de sauver sa famille et de se sauver lui aussi. Merci 2018 et merci à ma belle petite Axelle de me faire peur. Je vais l’utiliser par plaisir  pour me dépasser dans toutes les sphères de la vie humaine.