Millionnaire à Wall Street, il quitte tout pour se consacrer au yoga

Un Québécois qui a fait carrière jusqu’à Wall Street dans le domaine financier a tout abandonné pour devenir professeur de yoga.

Après une prise de conscience motivée notamment par un divorce, des problèmes financiers et un cancer, Érik Giasson a complètement changé de vie.

«J’ai travaillé plusieurs années à New York, j’ai travaillé à Bay Street, j’ai travaillé pour le plus gros « hedge fund macro » au monde, raconte-t-il. J’ai travaillé pour la plus grande banque d’affaires au monde, la Morgan Stanley. Et de me retrouver professeur de yoga, c’est un parcours un peu atypique.»

L’ancien bonze de la finance a su tirer des leçons des épreuves qu’il a eu à traverser.

«Si tu permets à la vie ou aux épreuves de te définir, tu deviens une victime, explique-t-il. Tu peux plutôt utiliser les épreuves comme des leçons pour grandir. Tu ne veux pas devenir un bon yogi, un bon financier à Wall Street. Ce que tu veux devenir, ta mission dans la vie, c’est une bonne personne humaine. Il s’agit de grandir dans les épreuves.»

Ayant grandi dans une famille de médecins, M. Giasson dit avoir toujours senti une pression de performer. Après s’être trouvé un emploi en finances à Montréal, il a tout de suite compris qu’il en voulait davantage.

«Tu penses tout le temps que les autres, ceux qui sont à New York où ceux qui se promènent en première classe et qui ont des belles voitures, des grosses maisons, ils ont l’air tellement plus heureux que toi», ajoute-t-il.

10 millions de dollars de profits

Malheureux au Québec, il déniche alors un emploi à New York.

«Je suis convaincu, mais absolument convaincu que je vais pouvoir, à travers ce nouveau rôle, combler tous mes rêves, poursuit celui qui est aujourd’hui père de cinq enfants. Et la nuit où Bear Stearns a fait faillite, […] j’avais une des plus grosses positions de ma vie. De minuit à 4 heures du matin, j’ai réussi à faire 10 millions de dollars américains de profits pour Brevan Howard. J’étais payé un gros pourcentage de ça. Et en seulement 4 heures, je venais de réaliser le plus gros salaire annuel de ma vie.»

Mais avec la crise financière de 2008, son employeur le met à la porte, comme des dizaines de milliers d’autres personnes.

«Je m’étais tellement épuisé émotionnellement à me comparer et à me dire que je méritais d’aller là, que j’étais presque peut-être sur le bord de la dépression. Il y a plusieurs choses dans la vie sur lesquelles on n’a aucun contrôle. À chaque fois que tu n’acceptes pas ce sur quoi tu n’as aucun contrôle, tu t’automutiles. Tu tournes les épreuves de la vie humaine en souffrance.»

Décidant de placer ses propres économies pour faire plus d’argent, il perd finalement son pari.

«Ça fait que, en 2008, j’ai eu une année record. En 2009, j’ai tout perdu ce que j’avais gagné en 2008. »

Idées suicidaires et yoga

Érik Giasson a ensuite traversé une période difficile où il a dû affronter la dépression et plusieurs idées suicidaires. Outre les antidépresseurs, c’est surtout grâce à la méditation et au yoga qu’il a réussi à retrouver le droit chemin.

«J’ai passé du gars de Wall Street au yogi, indique celui qui est copropriétaire du studio de yoga Wanderlust avec Geneviève Guérard. Je me suis laissé pousser la barbe, les colliers dans le cou, j’ai mis la robe. Je suis allé en Inde. J’ai fait le tour du monde, j’ai eu un gourou. J’ai appris à faire ce qu’il fallait faire. Dans ton autre rôle quand t’es le gars de Wall Street, tu tires sur la vie pour qu’elle rentre dans ton modèle. Quand tu te prends pour un yogi, tu fais semblant que les douleurs de la vie humaine n’existent pas. C’est comme si on t’avait donné une grosse dose d’épidurale, pour jouer encore le rôle. »

L’homme, qui raconte son histoire dans son livre «Le courage de réussir» publié aux éditions Del Busso et Infopresse, souhaite d’ailleurs continuer à vivre selon son nouveau mode de vie.

«Je pratique le yoga tous les jours, je médite tous les jours, conclut-il. Puis même si on ouvre plusieurs studios, que j’ai une carrière en finances ou peu importe avec un certain succès, pour moi, c’est important de ne pas perdre contact avec la conscience. Ne pas perdre contact avec mon intention. C’est primordial de pratiquer le yoga et la méditation.»

Article de TVA Nouvelles publié le , voir l’article complet ici