Mes vœux de mariage

J’aime répéter que les cinq leçons du yogi de Wall Street dans mon livre Le courage de réussir, résumées par l’acronyme ALVAC (Accepter, Liberté, Vérité, Agir et Confiance), peuvent s’appliquer dans toutes les sphères de la vie humaine. Je fais beaucoup de conférences à ce sujet. Dans le domaine des affaires, j’accompagne également de nombreux clients sur les plans professionnel ou personnel, mais aussi sur le plan des relations de couple, en utilisant mon acronyme.

Un jour, un gestionnaire, président de son entreprise, me dit : « Mais où le trouves-tu, ce courage d’accepter, de se libérer, de voir la vérité, d’agir et de faire confiance? » Dans l’étymologie du mot « courage » se trouve le mot « cœur »; c’est donc là qu’il se trouve. La pratique spirituelle nous libère de la tyrannie de notre intellect et nous rapproche de notre cœur, l’endroit précis où l’on puise le courage nécessaire pour réussir sa vie, c’est-à-dire la vivre, et non juste la survivre.

Une autre façon de se rapprocher de son cœur pour trouver le courage est de savoir que l’on a déjà été aimé et que l’on mérite d’être aimé pour qui nous sommes, inconditionnellement, sans rien avoir à faire pour mériter cet amour. Notre besoin de sécurité est souvent alimenté par la peur de ne pas être aimés si les gens savaient qui nous sommes vraiment à l’intérieur, derrière le masque que représente notre rôle. Le problème est le suivant : quand le besoin de sécurité est celui qui domine, il est impossible de combler son besoin d’amour et de réalisation de soi. Cela entraîne une vie apeurante où plane la quête de certitude — qui ne viendra jamais parce que la réponse est à l’intérieur de nous.

L’amour, les fondations du courage

Je rencontre au quotidien dans ma pratique de coaching des gens qui ne se souviennent pas qu’ils méritent d’être aimés ou qui ne l’ont pas compris. Ceci a pour effet de maintenir une peur en eux. À partir de cette insécurité, ils interprètent les aléas de la vie comme s’ils se produisaient contre eux, comme s’ils étaient des victimes parce qu’ils ne méritent pas d’être aimés.

J’observe ce phénomène tant sur les plans personnels que professionnels, et évidemment dans les relations de couple. Je me souviens, un jour où je suis à l’émission Banc public avec Guylaine Tremblay, un peu avant l’entrevue, nous devons faire semblant de parler. Comme je suis coach, je lui demande si elle apprécie tout son succès. Elle me répond : « Ah oui, tellement! » Je suis surpris et lui demande pourquoi. Elle m’explique qu’elle a eu un père si bon, qui l’a tellement aimée. Je lui demande alors : « Sais-tu que tu mérites d’être aimée? » « OUI! », me répond-elle d’emblée. Je me mets à pleurer instantanément.

Le souvenir d’avoir été aimée avant qu’elle soit une vedette permet à Mme Tremblay d’interpréter la vie à partir d’un endroit d’abondance émotionnelle, ce qui lui donne le courage de vivre. J’ai fait une conférence récemment devant des résidents en chirurgie de l’Université de Montréal où je leur ai dit : « Souvenez-vous que vous avez été aimés avant d’être médecins, avant même d’être les hyperperformants que vous êtes, juste pour qui vous êtes. » Plusieurs sont venus me voir après la conférence pour me dire à quel point ces mots les avaient marqués.

Se rappeler que l’on a été aimé inconditionnellement est probablement le plus beau cadeau que l’on puisse s’offrir au quotidien. J’ai longtemps pensé que je ne méritais pas d’être aimé pour qui je suis; ma mère était une spécialiste de l’amour manipulateur et de l’aliénation parentale. Cela a fait en sorte que même si mon père était une personne absolument exemplaire qui m’adorait, j’ai interprété ses gestes à partir d’un déficit émotionnel, comme s’il ne m’aimait pas. En raison des histoires de ma mère, je n’ai pas vraiment permis à mon père de m’aimer. Au fil du temps, vers la quarantaine, j’ai tranquillement laissé entrer cet amour, mais la présence d’aliénation à un très jeune âge crée des neuroassociations et est très puissante, laissant des traces profondes. Ce n’est vraiment que sur son lit de mort que j’ai compris et accepté tout l’amour de cet homme que je garde en moi, car l’amour transcende la mort.

Pour ces raisons, j’ai longtemps pensé qu’il était dangereux d’aimer. C’est un acte risqué : on se met en position de vulnérabilité dans la vérité absolue. On ne peut pas aimer réellement si on ne se sent pas vraiment aimé pour qui l’on est.

À mon mariage, plusieurs ont mal compris pourquoi j’ai parlé d’autres personnes que ma magnifique épouse dans mes vœux. Il était important pour moi de me souvenir et de parler de l’amour que j’ai reçu : celui de mon père; de mes cinq enfants; de la femme de mon père, qui est, en fait, ma vraie mère; de ma famille et de mes amis.

Dire haut et fort que j’ai été aimé et me rappeler au quotidien que je mérite d’être aimé me donne le courage de pratiquer l’ALVAC dans ma relation de couple. J’ai donc ensuite dit à mon épouse pour couronner mes vœux : « Je vais t’Accepter comme tu es; je vais me Libérer des rôles pour m’offrir à toi dans la vulnérabilité; je vais voir ta vraie Vérité tous les jours; mes actions seront d’Agir pour combler tes besoins, car ils seront miens et j’ai Confiance en toi, en moi et en nous pour travailler à vivre une vie riche et heureuse. »

Namasté.